Marx, Lénine, Staline et Enver Hoxha à propos de la dictature du prolétariat

Marx, Lénine, Staline et Enver Hoxha à propos de la dictature du prolétariat
« Toute classe qui aspire à la domination – même si cette domination a pour condition, comme c'est le cas pour le prolétariat, l'abolition de toute l'ancienne forme de société et de la domination en général – doit d'abord s'emparer du pouvoir politique afin de présenter, elle aussi, son intérêt comme l'intérêt général, ce à quoi elle est contrainte dès le début. » (Karl Marx, L'idéologie allemande, 1846)

« La liberté consiste à transformer l'État, organisme qui est mis au-dessus de la société, en un organisme entièrement subordonné à elle (...) Dès lors la question se pose : quelle transformation subira l'État dans une société communiste ? Autrement dit : quelles fonctions sociales s'y maintiendront analogues aux fonctions actuelles de l'État ? Seule la science peut répondre à cette question ; et ce n'est pas en accouplant de mille manières le mot Peuple avec le mot État qu'on fera avancer le problème d'un pouce. Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci. A quoi correspond une période de transition politique où l'État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat. Le programme [de Gotha] ne s'occupe pas, pour l'instant, ni de cette dernière, ni de l'État futur dans la société communiste. Ses revendications politiques ne contiennent rien de plus que la vieille litanie démocratique connue de tout le monde : suffrage universel, législation directe, droit du peuple, milice populaire, etc. Elles sont simplement l'écho du Parti populaire bourgeois, de la Ligue de la paix et de la liberté. Rien de plus que des revendications déjà réalisées, pour autant qu'elles ne sont pas des notions entachées d'exagération fantastique. » (Karl Marx, Critique du programme de Gotha, 1875)



« Il est souvent dit et écrit que le point principal dans la théorie de Marx est la lutte des classes. Mais c'est faux. Et cette fausse notion aboutit très souvent à une altération opportuniste du marxisme et sa falsification dans un esprit acceptable pour la bourgeoisie. Quant à la théorie de la lutte des classes elle n'a pas été créé par Marx, mais par la bourgeoisie avant Marx et, en général, c'est acceptable pour la bourgeoisie. Ceux qui reconnaissent seulement la lutte des classes ne sont pas encore des marxistes ; ils peuvent toujours se trouver encore dans les limites de la pensée et de la politique bourgeoise. Limiter le marxisme à la théorie de la lutte des classes signifie tronquer le marxisme, le déformant, le réduisant à quelque chose acceptable pour la bourgeoisie. Seulement est marxiste celui qui prolonge l'identification de la lutte des classes à l'identification de la dictature du prolétariat. C'est ce qui constitue la distinction la plus profonde entre le Marxiste et l'ordinaire petit (aussi bien que grand) bourgeois. C'est la pierre de touche sur laquelle la compréhension réelle et l'identification de marxisme doit être évaluée (...) L'essence de la théorie de Marx de l'état a été maîtrisée seulement par ceux qui se rendent compte que la dictature d'une seule classe est nécessaire non seulement pour chaque société de classes en général, non seulement pour le prolétariat qui a renversé la bourgeoisie, mais aussi pendant la période entière historique qui sépare le capitalisme de "la société sans classe" du communisme. » (Lénine, L'Etat et la révolution, 1917)



« La dictature du prolétariat ne peut être la démocratie « intégrale », la démocratie pour tous, pour les riches et pour les pauvres ; elle « doit être un Etat démocratique, mais uniquement pour le prolétariat et les non-possédants ; un Etat dictatorial, mais uniquement contre la bourgeoisie... » (L'Etat et la révolution). Les discours de Kautsky et consorts sur l'égalité universelle, la démocratie pure, parfaite, ne sont que des phrases bourgeoises voilant l'inadmissibilité d'une égalité entre les exploiteurs et les exploités. La théorie de la démocratie « pure » est celle de l'aristocratie ouvrière apprivoisée et entretenue par les pillards impérialistes. Elle a été élaborée pour couvrir les plaies du capitalisme, farder l'impérialisme et lui conférer une force morale dans sa lutte contre les masses exploitées. En régime capitaliste, il n'y a pas et il ne peut y avoir de libertés véritables pour les exploités, car les locaux, les imprimeries, les entrepôts de papier, etc., nécessaires pour l'utilisation de ces libertés, sont le monopole des exploiteurs. En régime capitaliste, il n'y a et il ne peut y avoir de participation véritable des masses exploitées à l'administration du pays, parce que, dans les pays les plus démocratiques, les gouvernements sont instaurés non pas par le peuple, mais par les Rotschild et les Stinnes, les Rockefeller et les Morgan. En régime capitaliste, la démocratie est une démocratie capitaliste ; c'est la démocratie de la minorité exploiteuse basée sur la limitation des droits de la majorité exploitée et dirigée contre cette majorité. Ce n'est que sous la dictature du prolétariat que sont possibles les libertés véritables pour les exploités et la participation réelle des ouvriers et des paysans à l'administration du pays. Sous la dictature du prolétariat, la démocratie est prolétarienne ; c'est la démocratie de la majorité exploitée, basée sur la limitation des droits de la minorité exploiteuse et dirigée contre cette minorité. » (Staline, Les bases du léninisme, 1924)



« De là, trois côtés fondamentaux de la dictature du prolétariat : 1. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour la répression des exploiteurs, la défense du pays, la consolidation des relations avec les prolétaires des autres pays, le développement et la victoire de la révolution dans tous les pays ; 2. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour détacher définitivement de la bourgeoisie les travailleurs et les masses exploitées, pour renforcer l'alliance du prolétariat avec ces masses, pour faire participer ces dernières à la réalisation du socialisme et assurer leur direction politique par le prolétariat ; 3. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour l'organisation du socialisme, l'abolition des classes, l'acheminement vers une société sans classes, sans Etat. La dictature du prolétariat est la réunion de ces trois côté, dont aucun ne peut être considéré comme l'indice caractéristique unique de cette dictature, et dont l'absence d'un seul suffit pour que la dictature du prolétariat cesse d'être une dictature dans un pays encerclé par le capitalisme. » (Staline, Du léninisme, 1925)



« Dans le domaine politique Khrouchtchev et son groupe ont sali et ont renoncé à la théorie marxiste-léniniste et à la pratique de la lutte des classes et à la dictature du prolétariat, l'appelant "une altération staliniste" et proclamant la période entière historique de la direction de Staline "une période sombre, anti-démocratique, une période des violations de la légalité socialiste, de terreur et de meurtres, de prisons et de camps de concentration". La route a été ainsi ouverte pour la liquidation de la dictature du prolétariat et pour son remplacement par la dictature bureaucratique et contre-révolutionnaire de la nouvelle aristocratie "socialiste" qui est née et se développait, tout cela étant couvert de slogans trompeurs de "démocratisation" et de "la restauration de la liberté et la justice socialiste" prétendument "perdue et maintenant regagnée." » (Enver Hoxha, La démagogie des révisionnistes soviétiques ne peut couvrir leur visage de traître, 1969)
# Posté le lundi 28 mai 2007 21:59
Modifié le lundi 21 avril 2008 22:26

Trois questions de Lénine

Trois questions de Lénine
Lénine:
Camarade Marx,
Vous ne me connaissez pas, car je n'avais que treize ans au moment de votre mort, et pourtant... j'ai pu réaliser ce que vous n'imaginiez pas, une révolution prolétarienne en Russie. Le chemin fut long. Tout comme vous, j'ai dû me battre contre les anarchistes et lutter contre les opportunistes réformistes de tous poils, autant de philistins qui avaient déformé vos écrits dans un sens favorable au maintien des régimes bourgeois en Europe.

En 1917, par la faveur d'une lutte des classes exacerbée par trois années de guerre mondiale, le Parti Bolchevik de Russie a pu prendre le pouvoir et liquider l'État féodal qui y régnait, jetant les bases d'une société d'un nouveau type, sans classes. Grâce à Dialogus, j'ai aujourd'hui la possibilité de vous demander quel effet cela vous fait 1) qu'une révolution ait eu lieu en Russie, 2) qu'elle ait duré plus longtemps que la Commune de Paris et 3) que ses effets aient été autrement plus importants.

Respectueusement, Wladimir Illitch Oulianov, dit Lénine



Karl Marx:
Cher Oulianov-Lénine,
Cela me fait un effet immensément favorable qu'une révolution ait lézardé l'Empire russe. Engels et moi-même la sentions venir. Il faut dire que le capitalisme s'est développé à une vitesse fulgurante chez vous, et le régime tsariste s'est trouvé en peu d'années en complète obsolecense. Une Commune de Paris allant de Saint Petersbourg à Vladivostok est un phénomène aux réminiscences inouïes dont la portée historique est incalculable. Cela va me permettre de vous poser à mon tour la question qui me tarabuste. À la connaissance, hélas cruellement indirecte, de ces grands événements. Qu'est-ce qu'une révolution prolétarienne?

Bien vôtre, Karl Heinrich Marx



Lénine:
La différence entre une révolution «simple» et une révolution «prolétarienne» réside dans la nature des acteurs qui en sont à l'origine et à l'aboutissement.
La révolution française, par exemple, ne peut, à mon sens être réellement considérée comme une révolution prolétarienne. En effet, si les revendications inscrites dans les cahiers de doléances émanaient principalement des classes inférieures de la société française et reflétaient leurs préoccupations (prix du pain, impôts trop lourds, conscription inégalitaire, myopie politique des représentants du gouvernement royal, etc.), la prise du pouvoir au moment de la révolution fut essentiellement le fait de représentants de la petite et de la haute bourgeoisie, soucieux d'obtenir un pouvoir politique qui leur était refusé par la noblesse au nom de privilèges héréditaires obsolètes. Par la suite, malgré le sursaut de la Convention, qui marchait main dans la main avec les sections de sans-culottes composées de prolétaires urbains, la trahison de Thermidor a scellé la récupération du pouvoir par une nouvelle couche possédante, amenée à exercer sa domination pour une longue durée, la bourgeoisie pré-industrielle, puis industrielle. Ce retournement politique s'est fait sur le dos de la noblesse féodale, certes, mais également des couches sociales les plus démunies et, pour les campagnes, les moins conscientes. En fin de compte, la révolution française est, comme celle du Mexique, une révolution «frustrée».
Une révolution prolétarienne, au contraire, est menée par les masses prolétariennes et pour ces mêmes masses, sans transition, sans détournement au profit d'une autre classe. Ainsi, en Russie, la population ouvrière a su éviter l'écueil de la récupération et détruire l'appareil d'Etat féodal afin de construire la société sans classes sans passer par la phase transitoire de démocratie bourgeoise. Cette détermination à prendre le pouvoir afin de construire un monde nouveau en fait une révolution réellement prolétarienne.
J'espère avoir répondu à votre question.

Wladimir I. Lénine
# Posté le lundi 28 mai 2007 21:48
Modifié le lundi 21 avril 2008 22:27

La Révolution N'est Pas Une Théorie

La Révolution N'est Pas Une Théorie
J’ajoute encore que si quelque camarade croit que la Révolution est l’affaire d’un certain moment, de certaines formules et de certains gestes, il se méprend singulièrement. La Révolution, c’est la vie entière et la conscience entière ; et elle se fait à chaque instant, au cours de tous les instants, depuis les commencements du monde dans tous les individus, inconsciemment ; elle ne triomphe que dans et par ceux qui le savent, et la veulent de toute leur âme ; et ceux-ci n’ignorent pas que la Révolution sociale intégrale s’accomplit au dedans d’eux mêmes, définitivement, qu’ils soient sur la place publique, ou « dans le secret » ; par leurs actions les plus insignifiantes en apparence, et en apparence le plus éloignées de la « chose publique ».
…C'est une grosse, grossière erreur, dont il faut d’abord se purifier, que de croire que la vraie action sociale soit de se colleter avec les brutes …Il n’y a qu’une manière unique de bien agir : « bien agir ». Faire ce que nous croyons devoir faire sans souci de ce qui en adviendra, et particulièrement de ce que les roquets d’ici ou de là en aboieront…
Il est aisé de comprendre que toutes les forces humaines de la brève existence humaine s’épuisent à argumenter, à discuter, à polémiquer, à batailler, etc. – La Révolution n’est pas une théorie, qui s’oppose à une théorie. Elle est une Vie, elle commence par s’affirmer – non par nier, ou si vous voulez, elle ne nie qu’en s’affirmant d’abord, en fondant. Il faut que nous prouvions que la vie nous appartient à nous révolutionnaires, dans sa plénitude de beauté et de joie, en la vivant d’ores et déjà telle quelle, au sein des pires circonstances qu’ait traversées l’humanité. Nous ne bataillons pas autrement, mais vivre ainsi c’est la Bataille. Car d’accomplir des actions de beauté et de joie sans causer une peine, et au contraire en soulageant tous les maux qui nous entourent dans la mesure de nos forces – sans causer une mort, sans verser la moindre goutte de sang, sans répandre les larmes – mais au contraire, en suscitant du bonheur et des élans de tendresse autour de soi, voilà la vraie vie positive, et révolutionnaire. Cela ne signifie guère « être un bourgeois, un égoïste » etc……..Etre juste, s’efforcer perpétuellement de réaliser en soi et autour de soi, de vivre et de faire vivre ce qui est juste, pas autre chose, et cela d’un cœur gai – est-ce là être égoîste et bourgeois ?…Il n’y a pas de levier révolutionnaire plus formidable que celui-là…Essayez ! … vous avez peur du jugement de la majorité des « Camarades » qui n’ont pas compris… Tant pis ! Soyez impitoyable en cela : je veux dire, vivez. La vie d’abord, vivre d’abord. Philosopher ensuite Je remarque que j’écris comme une pie.

Embrassez-vous mutuellement...
# Posté le lundi 29 mai 2006 08:18
Modifié le lundi 21 avril 2008 22:27

La Révolution

La Révolution
Une révolution est un changement important et rapide dans la vie d'un peuple. Ces changements peuvent concerner aussi bien des aspects sociaux ou politiques que des aspects économiques ou techniques. Par extension tout changement qui bouleverse l'ordre établi dans un domaine quelconque (la théorie héliocentrique est ainsi considéré comme étant une révolution scientifique).

Les révolutions sociales et politiques peuvent être caractérisées, dans certains cas, par l'utilisation de la violence (ou du conflit non-violent) pour entraîner de vastes changements des hiérarchies sociales, ce fut par exemple le cas lors des révolutions russes et françaises (avec les « purges » et la Terreur, respectivement). Elle est terminée non seulement quand ses protagonistes ont quitté la scène politique, mais lorsque leurs successeurs réussissent à imposer leur version revue et corrigée de l'histoire. Dans ce sens la révolution française a réussi globalement malgré l'abandon du calendrier républicain alors que la révolution russe a implosé en 1919.
# Posté le samedi 27 mai 2006 07:23
Modifié le lundi 21 avril 2008 22:28

Dido Online: "White Flag"

Dido Online: "White Flag"

To Listen: White Flag
(You must install the realplayer to listen)

White Flag
I know you think that I shouldn't still love you or tell you that
But if I didn't say it well I'd still have felt it, where's the sense in that
I promise I'm not trying to make your life harder or return to where we were but

I will go down with this ship and I won't put my hands up and surrender
There will be no white flag above my door, I'm in love and always will be

I know I left too much mess and destruction to come back again
And I cause nothing but trouble, I understand if you can't talk to me again
And if you live by the rules of it's over then I'm sure that makes sense but

I will go down with this ship and I won't put my hands up and surrender
There will be no white flag above my door, I'm in love and always will be

And when we meet, which I'm sure we will
All that was there, will be there still
I'll let it pass, and hold my tongue
And you will think, that I've moved on

I will go down with this ship and I won't put my hands up and surrender
There will be no white flag above my door, I'm in love and always will be

# Posté le lundi 05 septembre 2005 17:55
Modifié le lundi 21 avril 2008 22:29